Césarienne : STOP aux idées reçues

23 Août, 2022Grossesse, Postpartum

On est en 2022 et malheureusement, certaines croyances sur la césarienne perdurent. Des croyances qui ne lui font pas du tout bonne pub.

Résultat : dans l’esprit de beaucoup (trop) de personnes, la césarienne est crainte (au delà du fait que ce soit un acte chirurgical) et surtout est vue comme un échec et encore moins considérée comme un accouchement. 

Dans cet article, je reviens donc sur les principales idées reçues.

Et si vous voulez en savoir plus, je ne peux que vous conseiller le compte instagram de @maman.cesarisée, qui est une vraie mine d’informations sur le sujet.

La césarienne n’est pas un accouchement

FAUX – Je vous invite à aller voir dans un dictionnaire la définition du mot « accoucher » : mettre au monde un enfant.

Cette définition devrait suffire à elle-même : que ce soit par césarienne ou par voie basse, il s’agit bien d’un accouchement.

J’ai même envie d’aller plus loin : contrairement à ce que la société a envie de croire ou fait croire, il n’y a pas de hiérarchie concernant l’accouchement. Dans le sens où, il n’y a pas plus de mérite d’accoucher par voie basse que par césarienne. 

Pour moi, le fait d’accoucher par césarienne, avec ou sans péridurale ne regarde que la femme concernée. C’est son choix (dans les cas où la césarienne est choisie). Et surtout, on n’a pas besoin de comparer les accouchements entre eux. 

 

Le saviez-vous ?

Saviez-vous qu’il existe une technique de césarienne dite bienveillante  ? Il s’agit de la césarienne extra péritonéale

Cette technique développé par le chirurgien obstétricien, le Dr FAUCK a vu le jour dans les années 2000. Cette technique permet de se rapprocher des suites d’un accouchement par voie naturelle. il semblerait aussi que la récupération est nettement meilleure qu’une césarienne classique.  La jeune mère peut très vite se déplacer, retrouver son autonomie… 

Malheureusement, c’est une technique très complexe qui nécessite d’être formée en amont. Et aujourd’hui, très peu de chirurgiens la pratiquent.

Pour en savoir plus

 

C’est une solution de facilité

 Pour de nombreuses personnes, c’est la facilité car il n’y a pas tout le travail à supporter. Évidemment que c’est FAUX !

En France, en 2018, environ 60% des césarienne sont réalisées dans l’urgence (selon Cédric Grouchka, membre du Collège de la Haute autorité de santé). Ce qui veut dire que la césarienne a majoritairement lieu après une phase de travail pour diverses raisons.

Qu’elle soit faite en urgence ou qu’elle soit programmée, dans tous les cas, n’oublions pas qu’il s’agit avant tout d’un acte chirurgical : 4 couches sont incisées : la peau, la graisse, le péritoine (la membrane entourant les viscères) et l’utérus. Les muscles abdominaux (la larapatomie), eux sont écartés. Bref, ce n’est pas anodin !

Et donc forcément, qui dit acte chirurgical, dit logiquement convalescence. Le corps a évidemment besoin de se remettre de cette opération. Et les premiers jours suivant la césarienne ne sont pas très faciles : mouvements limités, douleurs, difficultés pour porter bébé, difficultés pour allaiter bébé…

Or, aujourd’hui, la césarienne est le seul acte chirurgical qui n’est presque pas vu en tant que tel : même si le séjour à la maternité est un tout petit plus long (5j vs 3jours pour un accouchement voie basse), on attend quand même de la jeune mère qu’elle soit complètement opérationnelle dès son retour de la maternité… 🤔

 

C’est moins fatiguant qu’une voie basse

Comme je le disais dans le point précédent, beaucoup de césariennes ont lieu en urgence, donc après une phase de travail. Phase qui peut être plus ou moins longue selon les femmes. Mais durant cette phase, les contractions sont là et elles demandent beaucoup d’énergie. Imaginez vous supporter les contractions durant plus de 24h ? Forcément, la fatigue peut se faire sentir !

Et comme précisé aussi, il s’agit avant tout d’un acte chirurgical. Ce qui veut dire que la phase après est une convalescence (même si dans les faits, la société ne considère pas les jours suivant la césarienne comme tel).

C’est de votre faute

Et oui, il existe des discours, avant, pendant ou après l’accouchement selon lesquels, si une femme a recours à une césarienne, c’est que c’est ou ça sera de sa faute…

– Avant l’accouchement : cette menace plane surtout quand une femme annonce son projet d’accoucher sans péridural, souvent lors du rdv avec l’anesthésiste, quelques semaines avant le terme. Certaines vont se voir tenir le discours comme quoi elles “ne tiendraient pas… ” ou encore, que “si ça ne va pas, et que l’équipe médicale n a pas le temps le temps de poser la péridural, ça sera césarienne obligatoire »

Evidemment, je comprends la nécessité d’expliquer les différentes éventualités possibles le jour J, mais de là à faire peur ou à essayer de faire culpabiliser la future maman : c’est NON !

– Pendant ou après l’accouchement : Certaines femmes vont entendre un discours comme quoi si elles finissent par avoir une césarienne, c’est parce qu’elles n’ont “pas assez poussé, ou pas bien poussé” ou qu’elles n’ont pas bien fait leur travail”…  (Oui oui, ça peut paraitre invraisemblable, mais je vous assure que ce genre de discours existe ! )

mais STOOOP!!! Qu’on soit bien d’accord : avoir recours à une césarienne, d’urgence ou programmée, n’est absolument pas de votre faute ! C’est qu’il y a un ou plusieurs facteurs extérieurs que personne ne peut anticiper, qui va encourager le recours à cette intervention : bébé en détresse, le col qui ne s’ouvre pas… et ce n’est certainement pas parce que vous avez mal fait votre job! 

– Pour les césariennes programmées : lorsqu’une césarienne est programmée, c’est souvent qu’il y a une raison médicale : placenta praevia, pré-ecclampsie sévère… Ce sont des cas où un accouchement par voie basse serait dangereux pour la femme et/ou le bébé. ET en aucun cas, c’est de la faute de la femme si elle a une pathologie nécessitant une césarienne. Il y a aussi des femmes qui décident de programmer une césarienne dite de “convenance”, sans qu’il y ait de raison médicale. Ce choix est souvent motivé par des raisons qui leur son propre, et surtout qui ne regarde qu’elles! 

 

Vous avez une césarienne car vous n’êtes pas capable d’accoucher par voie basse

Ca aussi, c’est un discours qu’on peut entendre !

Cela rejoint un peu ce que je disais dans le point précédent. Ce n’est pas parce que vous avez pas assez poussé, ou parce que vous poussez mal… que la césarienne est nécessaire!

Je ne parle évidemment pas des cas où la césarienne est la seule solution (placenta praevia…). Dans ces cas là, ce ne sont pas vos capacités d’accoucher par voie basse qui sont remises en cause. C’est le degré de risque pour vous et/ou votre bébé qui fait qu’une césarienne est obligatoire.

Pas besoin de préparation

Là aussi une jolie fausse croyance. Cela concerne les césariennes programmées.

Ce n’est parce qu’elle est programmée, que vous ne connaitrez probablement pas les contractions… qu’il n’y a pas besoin de se préparer en amont. Au contraire.

Premièrement, s’agissant d’un acte chirurgical, la future maman peut être stressée par rapport à cela. L’objectif de la préparation sera alors de l’aider à aborder son accouchement avec sérénité.

On peut aussi travailler sur la connexion avec bébé, pour l’accompagner durant l’accouchement. Une préparation en amont va vous permettre d’être actrice de votre accouchement, même si vous n’êtes pas active, et donc ne pas la subir.

Et au delà d’une préparation mentale, c’est aussi une bonne chose de savoir en amont comment se passe une césarienne. Savoir c’est le pouvoir !

On ne peut pas faire de peau à peau

C’est fini l’époque où bébé est emmené loin des parents durant des heures après une césarienne !

Il est parfaitement possible de faire du peau à peau ! Il ne sera peut être pas fait avec vous tout de suite, mais le peau à peau peut être fait avec le papa. Et dès que vous le pourrez, vous pourrez bien évidemment faire du peau à peau. N’hésitez pas à en parler à l’équipe médicale en amont. 

L’allaitement est impossible

Je rassure toutes les futures mamans qui veulent allaiter : vous pouvez le faire même après une césarienne ! 

Il est évident que le démarrage peut être plus difficile qu’après un accouchement par voie basse (fatigue, douleurs, stress, choc émotionnel… liés à la césarienne), mais c’est tout à fait possible. Le mieux est soit de s’y préparer en amont s’il s’agit d’une césarienne programmée, soit de se faire conseiller et accompagner par une conseillère en lactation après l’accouchement. 

Pas besoin de rééducation du périnée

Là aussi une très vieille croyance : que le périnée s’abime qu’au moment de la poussée.

Vous avez porté votre bébé durant 9 mois (ou moins). Tout au long de votre grossesse, votre bébé va prendre progressivement du poids et toute la poche utérine repose sur le périnée. Donc une rééducation peut aussi être nécessaire après une césarienne.

La seule manière de savoir si vous en avez besoin d’une et l’avis d’un.e professionnel.le (SF, kiné spécialisé…)

Petit conseil perso : ne faites surtout pas l’impasse sur cette rééducation. Certes, ce n’est pas hyper glamour mais c’est très important pour les années à venir 

On croit que comme il s’agit d’un acte chirurgical, il n’est pas possible d’émettre des souhaites quand au déroulement de la césarienne et à l’après. Là aussi, il s’agit d’une fausse croyance. Vous avez le droit d’émettre des souhaits sur le pendant et l’après césarienne  : faire du peau à peau, de pousser lors de la naissance, d’attraper votre bébé…

Comme tout projet de naissance, cela n’a pas pour vocation à dire à l’équipe médicale quoi faire, mais d’ouvrir la discussion avec elle et voir ce qui est possible le jour J. N’oubliez pas que ça reste VOTRE accouchement et que vous avez le droit de réunir certaines conditions afin de rendre ce moment le plus doux possible. 

Évidemment, cette liste n’est pas exhaustive…

Quelle idée reçue avez vous déjà entendu par rapport à la césarienne ?

 

Prenez soin de vous 

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